Publié dans Politique

Assainissement d’Antananarivo - Les parlementaires se croisent les bras

Publié le mercredi, 02 avril 2025

Où sont passés les parlementaires ? Une question que nombre d’observateurs avertis de la vie publique se sont posés ces derniers jours. En effet, la maire de la Capitale, Harilala Ramanantsoa, a lancé une réorganisation des marchés de rue, interdisant l’occupation anarchique des trottoirs et des chaussées à Analakely. Les marchands de rue, mécontents, sont descendus dans la rue pour protester. Finalement, après quelques jours de bras de fer, un compromis a été trouvé. Les trottoirs vont revenir aux piétons et la chaussée sera à partager entre les marchands et les véhicules. Une solution provisoire qu’aucun Tananarivien avide d’une Capitale bien organisée ne trouvera satisfaisante.

Au milieu du capharnaüm, l’absence des députés censés représenter la population d’Antananarivo dans les débats s’est fait ressentir ? Tous, de tous bords politiques, se disent pourtant favorables à une Capitale propre et ordonnée. Pourtant, lorsque vient le moment d’épauler la maire dans une initiative courageuse mais difficile, ils brillent par leur absence. Silence radio, regards détournés, neutralité de façade. Personne ne lève le petit doigt pour soutenir cette mesure pourtant nécessaire au bien-être collectif. Certains ont attendu que la tension redescende et que l’orage ne passe pour montrer qu’ils sont là. A croire que l’ordre et la propreté ne sont des priorités que lorsqu’elles ne nécessitent pas de prise de position.

Seule la sénatrice Lalatiana Rakotondrazafy, 

ex-candidate à la Mairie et ex-conseillère municipale, a osé s’exprimer publiquement en faveur de cette réorganisation. Un soutien bienvenu, mais bien insuffisant face à l’ampleur du défi. Il ne s’agit pas de nier les difficultés des vendeurs de rue ni de minimiser leurs préoccupations, mais un accompagnement des parlementaires aurait permis d’apaiser les tensions et d’assurer une transition plus harmonieuse.

Car, après tout, quel est le rôle des députés si ce n’est de représenter les intérêts de leurs électeurs et d’agir pour l’amélioration des conditions de vie dans la ville ? Leur mutisme face à cette initiative laisse perplexe. Soutenir la maire ne signifie pas forcément approuver toutes ses décisions, mais au moins reconnaître la nécessité de remettre de l’ordre dans une Capitale qui suffoque sous l’anarchie urbaine.

Faut-il en conclure que certains tirent avantage du désordre ambiant ? Ou bien est-ce simplement un manque de courage politique ? Toujours est-il que cette réorganisation des marchés, loin d’être une simple affaire municipale, devrait être un enjeu collectif. Mais pour l’instant, Harilala Ramanantsoa et son équipe doivent y faire face seules. A moins que la classe politique ne daigne enfin assumer ses responsabilités…

L.A. 

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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